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mercredi 20 mai 2009

Le temps des cerises


il y avait longtemps que l'on n'avait cuisiné alors on ne résiste pas à vous donner une des innombrables recettes du clafoutis aux cerises :
750g de cerises . 5/6 oeufs, 100g de sucre, 100g de farine, 1/4 de litre de lait entier, 1 petit verre de Kirch ,40 g de beurre.
Faire un puits avec la farine , y mélanger les oeufs , le sucre. Rajouter le lait , le beurre fondu et le kirch. Beurrer un plat y placer les cerises dénoyautées bien serrées les unes contre les autres.
Couvrir avec l'appareil. Mettre à four moyen (5/6) 30 mn environ...et régalez-vous...
N'hésitez-pas à nous donner la vôtre.....

samedi 20 décembre 2008

Amoureuse


Rien, aucune créature au monde n'est plus ridicule, et déplaisante, qu'une fille amoureuse : du matin jusqu'au soir, elle sourit vaguement, prunelles clignotantes et bouche entrouverte. De temps à autre, l'amoureuse rougit (sans doute pense-t-elle, la pauvre chérie, à des caresses jugées scandaleuses). Ou alors elle grimace : ce doit être la jalousie qui vient lui mordiller le coeur....

Hélas, ces accès de fragilité ne durent pas. Le visage de l'amoureuse reprend au plus vite cet insupportable air de reine : surtout ne me dérangez pas, n'osez même pas me parler, je suis d'une autre race, supérieure à toutes les autres puisque j'aime et suis aimée.

Amoureuse.

Telle, du jour au lendemain, était devenue mon ennemie, Mme Jargonos, vous vous souvenez? la redoutable inspectrice qui terrorisait les jeunes enseignantes.

Comment cette vieille aiguille de pin, sèche, et pointue, et cassante, s'était-elle soudain métamorphosée en loukoum, cette confiserie écoeurante qui s'amollit jusqu'à fondre au soleil?

Mystère, chimie secrète de l'amour, n'attendez pas que je vous explique. Je ne suis que Jeanne. Je n'ai que douze ans. Je ne peux que raconter. Raconter le plus honnêtement, le plus précisement qu'il est possible cette incroyable histoire qui m'a conduite, après quels détours et quels périls!, au coeur de l'île ô combien mystérieuse du Subjonctif.

Les chevaliers du Subjonctif/ Eric Orsenna

vendredi 17 octobre 2008

Le billet d'Hélène



Pour revenir au Jour J, il fut ce à quoi on s'attendait. Beau - bleu - remuant de vie - surprenant parfois - décevant aussi. Dans la salle de classe devenue bibliothèque, les murs avaient d'autres couleurs, des affiches nouvelles, des photos..
Aux livres, s'ajoutaient les DVD, les jeux, l'ordinateur.
Mais la curiosité, les exclamations, le rire des enfants assuraient cette continuité du passé au présent, dont auraient pu s'émerveiller nos habitants les plus anciens s'ils étaient venus à la fête....
Mais nous n'oublierons pas , parmi les premiers visiteurs, les mamans, Jacquy et Jacqueline, les nouveaux venus au village que moi du moins, une ancienne de 36 ans, je ne connaissais pas. Et leur timidité, leur curiosité, leur étonnement muet.
Du dehors, je retiendrai quant à moi la conteuse.
C'est que le temps s'est suspendu à ses lèvres, à ses sourires, à sa voix, à ses gestes.
Elle savait aussi parler aux enfants, assis en tapis à ses pieds.

On a même pu remarquer sur certains visages adultes, les plus ingénus, les plus innocents, ce regard de l'enfance qu'on ne perd pas toujours.
Mais l'ombre était là. L'absence de ceux qu'on attendait et qui ne sont pas venus. Ceux qui s'étaient dit : non je n'irai pas ; et ceux qui méritaient plus que tout qu'on fasse la fête à leur vieille école.
Peut-être avons- nous eu, nous les organisateurs, le triomphe un peu trop sonore, la réussite tonitruante (le discours, les élus, la conteuse...). Car sans eux la réussite de cette fête n'en est pas vraiment une.
En tout cas de tout coeur, ces "absents" du Jour J, nous les attendons.